TEXTES

 

  •  QU’EST-CE QUE L’ART SINGULIER?

 

On peut vouloir le définir par opposition à ses antonymes :  » banal » « commun »  « ordinaire ».

Auquel cas on n’en donne cependant pas de définition exacte, car par essence même, TOUT Art se doit d’être le contraire du banal, du commun ou de l’ordinaire-et ce même s’il fait référence à des objets usuels ou à des personnages issus du quotidien-par le simple fait de la nécessaire transposition qu’il implique.

Par ailleurs, pourquoi chercher dans la terminologie la définition d’un Art qui s’autoproclame joyeusement  » Hors norme »- » Raw » c’est à dire « Sauvage » Outre-Atlantique-ou liberté et imaginaire prennent le pouvoir davantage que dans tout autre peut-être. Ne vaut-il pas mieux tout simplement s’en référer à son contenu?

Sans doute se rapproche t’on dès lors de la « vérité vraie », car nous voilà transportés-dans tous les sens du terme-au sein d’un très joyeux équipage, d’un monde créatif, ludique, tragique parfois, musical souvent, très organisé malgré d’apparents fouillis, un monde à la Janus, un univers au double visage ou cohabitent à l’image de la vie, bonheurs et peines, mais dans lequel, tout autant que dans la vie, perdurent les amitiés et enrichissent les relations humaines et professionnelles entre les individus.

C’est surtout cette chaleureuse émotion qui définit selon moi le Monde des Singuliers. Il est du reste délicat, voire malaisé de se cataloguer, ne sommes nous pas tous simplement et avant tout, des créateurs, la voilà la Grande Famille, ensuite catégories et sous-catégories sont à l’image de notre époque qui se rassure en prétendant tout répertorier… à chacun sa petite case…

Amis Singuliers, frères et soeurs d’armes, de ripailles et de bombance, voilà pourquoi je prends tant de plaisir à travailler et à exposer avec vous!

Poursuivons notre route, tambour et coeur battant,

Et que la fête recommence, une fois de plus…

 

Marseille, Octobre 2009

 

  • CE QUE JE SAIS

 

… Je sais que, lorsque s’ouvre enfin la porte de l’Atelier, alors se taisent les rumeurs de la rue, s’estompent les visages fermés ou inexpressifs, les soucis et les peines, et tout le morne quotidien.

… Je sais que tandis que je contemple pierres ou argile en m’interrogeant sur leur devenir, ou les objets chinés en imaginant quelque assemblage fantasmagorique, alors s’éloigne le négatif. L’envie de sculpter, de modeler, de créer me saisit et plus rien ne compte que ce bonheur impératif.

Une joie sauvage, abrupte m’investit. Seule au milieu de mon fatras, rassemblant mes outils, évaluant les blocs, projetant leur futur,  je deviens la reine provisoire de ce petit univers, toute puissante maîtresse des formes et de la retranscription de mes émotions. Et je commence, partagée entre angoisse et ferveur.

Puis j’y reviens, je regarde, je retravaille, je critique, je cherche. Si le domaine du conscient est vaste, celui de l’inconscient est infini.

Ici et maintenant. Il ne faut pas craindre d’ouvrir la porte à son imaginaire. L’acte de créer est une des innombrables et vertigineuses facettes du bonheur. Et être heureux, c’est également transmettre ce bonheur aux autres.

Mi-osmose, mi-frustration, telle est la terrible et sublime dualité de la création.

Demain je m’y remets, demain je continue, demain sera un autre jour.

Et lentement, pas à pas, se déroule la quête,

Et lentement, pas à pas, se construit le chemin…

 

Marseille, Avril 2010

 

  • TENDRES PIERRES

 

Marbres, stéatites, albâtres, porteuses des soleils et des ombres de ma vie, elles m’écoutent et me guident…

Présentes sur notre terre depuis des millénaires, soumises depuis toujours aux caprices des éléments, elle subsistent.

Leur sagesse est immense. Puissent-elles nous en transmettre ne serait-ce qu’une infime partie…

 

Marseille, Septembre 2014